Les grandes enquêtes

COALITION ? LOL… POUR QUOI FAIRE !?

Par Franck Ghislain ONGUENE, directeur de publication Cameroun Hebdo

Depuis quelques semaines, on nous rabâche les oreilles avec des mots pompeux tels que : « coalition », « union sacrée », « Candidat unique », etc.

Eh bien, je vais vous dire ce que même nos intellectuels n’ont pas le courage de vous avouer ; eh bien une coalition en 2018 NE SERVIRA À RIEN DU TOUT ! Je dis bien RIEN ! Même les candidats ont peur de vous le dire parcequ’ ils ne veulent pas qu’on les traite d’égoïstes. La question que vous vous poserez tous est la suivante : mais FGO, pourquoi le dis-tu ?

OK, je vais vous répondre…

LA NOSTALGIE DE 1992

Beaucoup d’analystes politiques considèrent à juste titre que la mobilisation politique de 2018 est similaire à celle de 1992 ; que s’il y a coalition comme en 92 l’opposition gagnera sans doute. Cependant, 92 était un autre contexte, Paul Biya était à sa toute première élection démocratique, le RDPC avait à peine 7 ans d’existence et essayait encore tant bien que mal de se débarrasser de l’image de la défunte UNC qui lui collait à la peau. Aujourd’hui, le RDPC est une grosse MACHINE ! J’ai eu la chance de parcourir pendant toute cette campagne le Cameroun dans sa profondeur la plus insoupçonnée. Je suis allé dans des localités où on ne connaît pas ce que c’est un téléphone portable, où on ne connaît pas ce que c’est un ordinateur, où on ne connaît pas Univers, MRC, Cabral, Muna, Kamto Owona Nguini Elimbi Lobe, etc. Mais où les images de Paul Biya sont affichées sur toutes les cases du village, je dis bien toutes. Des contrées si lointaines qu’il n’y aura jamais de routes, d’électricité, de réseau internet, etc. je dis bien JAMAIS ! Mais où les populations votent Paul Biya à 100 % depuis 1992. Actuellement, de ce que j’ai vu sur le terrain, je peux dire et sans les moindres ambages que PAUL BIYA lui-même ne peut remporter une élection face à PAUL BIYA.

 COALITION D’ACCORD ! ET COMBIEN DE PERSONNES VOTERONT ?

Depuis 1999, le RDPC n’a jamais gagné un scrutin avec moins de 70 %, je ne suis pas très bon en maths, mais même si on réunit toutes les voix de « l’opposition », 30 % ne dépasseront jamais 70 %. Donc la coalition ne servira pas à grand-chose ; d’autant plus que malgré la mobilisation et les « SUPRA GIGA MEETINGS » le nombre de personnes inscrites sur les listes électorales est inférieur à celui de 2011. Qui votera donc ? L’échec de l’objectif 11 millions d’électeurs n’est pas à imputer qu’à Cabral Libii, mais a toutes ses personnes qui veulent gouverner le Cameroun, mais n’arrivent pas à motiver leurs partisans à s’inscrire sur les listes électorales. La configuration de l’électorat telle qu’elle se présente actuellement est clairement favorable au parti au pouvoir… Or, si « l’opposition » avait gagné la bataille des inscriptions, l’hypothèse d’une coalition serait plus cohérente.

PEUT-ON BÂTIR UNE COALITION AVEC DES POINTS DE VUE TOTALEMENT DIVERGENTS !?

Durant cette campagne, j’ai été sollicité par plusieurs chaînes de télévision dans l’optique d’interviewer les candidats en tant que jeune chef d’entreprise, j’ai plusieurs fois discuté personnellement avec tous les candidats (sauf Paul Biya), j’ai ainsi lu et relu chaque programme, et chaque profession de foi. Et le premier constat que je fais est qu’il y a une énorme différence d’enjeux. En d’autres termes, même s’il y a coalition et que celle-ci remporte les élections, elle implosera à la première semaine tellement les candidats n’ont pas la même perception du Cameroun.

IL EST TEMPS DE METTRE FIN AU MYTHE DE « l’opposition » ET DE BÂTIR ENSEMBLE UN NOUVEL ÉCOSYSTÈME POLITICO-SOCIAL.

Tous ceux qui ont lu ce biais jusqu’ici se sont certainement dit que je suis un défaitiste ; non, je me considère comme un réaliste. Je pense personnellement que l’on devrait mettre fin au paradigme de « l’oppositionisme » et du « BiyaMostGoïsme ». Ce paradigme a échoué depuis l’indépendance ! Il est temps de développer de vraies idéologies politiques fiables et qui prennent en compte les réalités du Camerounais lambda où qu’il se trouve ! Je pense que le parti au pouvoir a commis l’une de ses plus grandes erreurs tactiques depuis 92 en renvoyant les municipales et les législatives en 2019… Cela permettra aux candidats à la présidentielle 2018 de profiter de l’aura que leur confèrera ce scrutin pour mobiliser davantage non seulement des nouveaux inscrits sur les listes, mais aussi des jeunes camerounais qui n’y croyaient plus, à postuler en tant que conseillers municipaux, et mêmes députés.

EN CONCLUSION…

Pour mieux sauter, il faut savoir reculer ! Certes, 2018 marquera à tout jamais l’histoire politique de notre pays ; l’année où les jeunes savent désormais qu’ils peuvent… Mais ça ne sert à rien de résumer son combat politique autour du simple départ d’un homme qui a bâti pendant 36 ans une muraille géopolitique solide. Cher « opposition » même en cas de coalition vous n’impacterez en rien l’échéance politique de cette année ! Par contre 2019 est l’occasion ou jamais d’atteindre l’objectif des 11 millions d’inscrits afin de réaliser une véritable performance électorale dans toutes les mairies du Cameroun et à l’Assemblée nationale. Cet état de fait vous permettra de préparer sereinement l’effondrement de la muraille et de faire enfin fonctionner selon vos idéologies respectives le pouvoir législatif, mais aussi la décentralisation. La politique ne se résume pas qu’à Étoudi… Les chantiers de la démocratie camerounaise sont immenses et c’est à vous de nous faire parvenir à cette nation nouvelle à laquelle ont toujours rêvé les pères fondateurs de notre chère patrie. @fgo237

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